Submergée par les demandeurs dès sa mise en service en février 1977, agrandie en 1980, la Médiathèque de langues de la Bibliothèque publique d'information accueille quotidiennement près de 500 personnes. Mais qui sont ces utilisateurs persévérants (parfois une heure d'attente pour accéder à une cabine de langue) ? D'où viennent-ils ? Qu'attendent-ils de cet espace babélien ? Quelles langues (parmi les 80 qui leur sont proposées) viennent-ils étudier ? Quelles sont leurs motivations ? Comment travaillent-ils ? En collaboration avec le service informatique du ministère de la Culture, le service des Études et de la recherche de la Bpi a mené une enquête sur les usagers de la Médiathèque de langues, en s'attachant plus particulièrement aux conditions sociales et culturelles de la pratique linguistique. L'absence des contraintes statutaires et financières classiques (l'accès à la médiathèque est libre et gratuit) a autorisé de véritables conditions d'observation scientifique. Il en résulte un document qui, non seulement présente le bilan d'une expérience et en définit l'originalité, mais encore apporte une nouvelle définition de l'autodidaxie. Il dégage les principaux modèles de comportement d'apprentissage des langues et fait apparaître des formes généralement ignorées de "consultation linguistique" qui relèvent non de stratégies d'acquisitions, mais de tactiques d'information ou de jeu.